Meilleures Choses à Faire:
- 1. Tour de la Street Art à Paris
- 2. Centre de Paris : Place Igor Stravinsky à côté du Centre Pompidou
- 3. Art 42, le premier musée gratuit et permanent pour le street art
- 4. 13ème arrondissement, le temple du street art
- 5. La Butte aux Cailles et MURdu12 dans le 12ème arrondissement
- 6. À l'est de Paris, le street art est partout
- 7. La Villette : la fresque la plus longue de Paris
- 8. Rive droite : de la Porte Saint-Denis à la Porte de Clignancourt
- 9. Vitry-sur-Seine, un musée à ciel ouvert
- 10. Banksy à Paris
Tour de la Street Art à Paris
Le graffiti, le collage, le pochoir et les fresques monumentales décorent les rues, ruelles, passages et escaliers de Paris. De Banksy à Jef Aérosol, les signatures de l'art urbain se poursuivent sur les murs de toute la ville, qui se colore selon des motifs et formes d'un art urbain, éphémère et actuel, qui raconte notre monde quotidien et la société dans laquelle nous vivons. Partez à la découverte des lieux où se cachent les meilleures œuvres de street art de Paris. La recherche n'est pas simple, alors voici quelques indices.
Saviez-vous qu'un musée dédié à Banksy a récemment ouvert à Paris? Le Monde de Banksy se présente comme une immersion unique dans le cœur des œuvres de Banksy, offrant aux visiteurs l'opportunité d'explorer le monde fascinant et provocateur de ce génie artistique.
Centre de Paris : Place Igor Stravinsky à côté du Centre Pompidou
Au sud du Centre Pompidou, place Igor Stravinsky, derrière les fontaines mécaniques représentant des squelettes, cœurs, clés de sol et lèvres rouges dessinées par Jean Tinguely et Niki de Saint-Phalle, se dresse sur le mur l'œuvre de Jef Aérosol.
Surnommé "Chut", la fresque de 350 m² représentant le visage énigmatique d'un homme invitant au silence serait selon certains un autoportrait de l'artiste, tandis que d'autres y voient un hommage à Salvador Dalí. Ce qui est certain, c'est que cela fait des années qu'elle est l'une des icônes du street art à Paris. Sur le mur voisin de l'œuvre de Jef Aérosol, s'est ajoutée celle de Shepard Fairey, alias Obey Giant, star du street art parisien, célèbre pour son portrait de Barack Obama et sa Marianne bleu, blanc, rouge exposée dans le bureau de Macron.
Inspirée par l'art nouveau, cette nouvelle fresque aux teintes de bleu porte deux messages : "L'avenir n'est pas écrit" et "la connaissance et l'action font le pouvoir".
Obey explique le caractère engagé de son œuvre sur son profil Instagram : "L'apathie et l'ignorance favorisent le déclin de la civilisation et la qualité de l'engagement civique, donnant voix aux forces qui promeuvent la peur, la division et le nationalisme. Nous devons comprendre l'importance de nous éduquer et d'agir pour construire l'avenir".
En continuant à vous promener dans le Marais, passez par la rue de la Verrerie où M. Chat a recouvert le rideau du BHV Homme de chats jaunes et sautillants. Puis, sur la façade arrière de l'espace des Blancs-Manteaux, l'artiste Gregos, connu pour ses moulages en plâtre de son visage, a réalisé un portrait féministe en l'honneur de la journée des femmes de 2014.
Traversez la Seine, puis dirigez-vous vers la rue de Verneuil, dans le 7ème arrondissement, où se trouvait la maison de Serge Gainsbourg. Depuis sa mort en 1991, la façade est régulièrement couverte de dessins, graffitis, peintures et collages rendant hommage au mythique chanteur et poète français.
Art 42, le premier musée gratuit et permanent pour le street art
Éloignez-vous du centre et plongez dans le 17ème arrondissement pour visiter Art 42, le premier musée gratuit et permanent de street art en France, situé dans ce qui est l'école informatique du futur fondée par le philanthrope et milliardaire Xavier Niel.
Ce loft futuriste de 4000 mètres carrés accueille 150 œuvres de 50 artistes différents. C'est un labyrinthe de fresques et de post-graffiti où vous pourrez vous laisser guider par les étudiants de première année parmi les œuvres de street artists les plus célèbres comme Evol, Dran, Clet, Seth et Lacan. Commencez par le rez-de-chaussée où, à côté de Banksy, se regroupe le cénacle des incontournables : Jef Aérosol, JR, Zevs et Invader. Observez l'hommage à Charlie Hebdo de Brusk et Dran, puis laissez-vous impressionner par les monstres tentaculaires de Roti.
Une des rares femmes parmi les street artists, Madame, est onirique, poétique, surréaliste, parfois ironique, mais toujours profonde. "Je baise parfois le passé pour rester debout", indique une inscription sur l'une de ses œuvres exposées. Continuez à admirer l'art urbain depuis le café d'Art 42.
13ème arrondissement, le temple du street art
Depuis toujours temple du street art, le 13ème arrondissement est désormais devenu un véritable musée à ciel ouvert.
Il s'appelle Boulevard 13, le nouveau parcours de street art qui remplit le boulevard Vincent Auriol avec une trentaine d'œuvres d'artistes venus du monde entier. Et si vous prenez la ligne 6 du métro, surélevé au-dessus des rues de Paris entre les stations Place d'Italie et Chevaleret, vous traverserez une véritable exposition confortablement assis dans votre wagon.
Sortir du métro à l'arrêt Nationale et partez à la recherche de street art.
Sur la façade du bâtiment situé à droite à la sortie du métro, vous verrez immédiatement la Jeunegraffeuse, une immense fresque représentant une femme aux jambes couvertes de pansements, un rat sur l'épaule et dans une de ses mains, recouvertes de gants fuchsia, une canette de peinture dégoulinante. Avec l'autre main, elle semble s'accrocher à la façade du bâtiment sur lequel elle est peinte dans un trompe-l'œil incroyable. Cette œuvre monumentale est signée Bom-K.
Admirez l'une des mosaïques emblématiques du Français Invader répandues partout à Paris sur un des bâtiments du boulevard Auriol, puis cherchez, au 46 du boulevard Auriol, son portrait de Dr House. Au numéro 81 du même boulevard, vous trouverez la Madre Secular 2 d'Inti, une représentation laïque de la Vierge avec la pomme de Newton à la main, une allégorie de l'ère de la connaissance et du scepticisme.
Au numéro 85, arrêtez-vous devant une autre œuvre maîtresse, Etreinte et lutte de l'artiste irlandais Conor Harrington, qui combine les codes de la peinture classique avec ceux du street art dans une fresque monumentale représentant deux hommes face à face en habits du 18ème siècle.
Ne manquez pas, enfin, au 186 de la rue Nationale, Liberté, égalité, fraternité de Shepard Fairey : le portrait de Marianne que l'artiste américain avait réalisé en hommage aux victimes des attentats de Paris du 13 novembre. Songez devant la ballerine suspendue entre le ciel et la ville dans la fresque Et j'ai retenu mon souffle de Faile, à l'angle entre la rue Jeanne d'Arc et le boulevard Auriol. Au 60 de la rue Jeanne d'Arc, vous verrez une autre œuvre de Shepard Fairey, Delicate Balance, inspirée de l'image du Globe Earth Crisis suspendue à la Tour Eiffel durant la COP21.
Si vous ne voulez manquer aucune œuvre du Boulevard 13, suivez le trajet sur la carte publiée sur leur site.
La Butte aux Cailles et MURdu12 dans le 12ème arrondissement
Quittez les grands boulevards et pénétrez dans cette ruelle pavée, la Butte aux Cailles (13ème), pour vous sentir dans un village de campagne.
Entre innombrables bars, cafés et maisons colorées, admirez les fresques et graffitis cachés à chaque coin. Des artistes comme RAF Urban, Seth et Miss.Tic en ont fait l'un de leurs lieux préférés.
Dans le 12ème arrondissement, à l'angle entre la rue du Général Michel Bizot et la rue du Sahel, au niveau de la Coulée Verte, vous trouverez le MURdu12, un mur dédié à l'art urbain soutenu par la municipalité et organisé par le collectif Cicero.
Tous les deux mois, le mur se renouvelle en accueillant toujours de nouveaux artistes venus du monde entier.
À l'est de Paris, le street art est partout
D'Oberkampf à Ménilmontant, l'est parisien est tapissé de street art. Grâce à certaines associations comme Art Azoï et Le M.U.R., certaines façades de bâtiments ont une véritable programmation artistique. Par exemple, au numéro 107 de la rue Oberkampf, un ancien espace publicitaire a été transformé en galerie à ciel ouvert dédiée au street art.
En effet, tous les quinze jours, un nouvel artiste est invité à décorer le mur avec son art. La performance se déroule généralement en journée et en public, cherchez à assister à cela.
Montant ensuite vers la rue de Ménilmontant (19ème), à l'angle avec la rue Sorbier, vous tomberez sur l'œuvre monumentale de Jérôme Mesnager, C'est nous les gars de Ménilmontant. Réalisée en 1995, cette immense fresque est l'une des plus célèbres de l'artiste considéré comme de la première génération de street art. Des silhouettes blanches semblent danser au rythme de la musique. C'est une œuvre aérienne, un hommage aux habitants du quartier, un hymne à la vie.
Plus haut le long de la rue de Ménilmontant, vous verrez le Pavillon Carré de Baudoin, dont le mur extérieur est régulièrement peint par des artistes qualifiés. En continuant à vous promener vers Belleville, cherchez la rue Dénoyez. Cette ruelle, à deux pas de la station de métro Belleville, est devenue au fil des ans le décor de clips vidéos, de séances photo de mode et d'autres événements qui s'adaptent bien entre les créations et les couleurs de l'art urbain. Chaque jour, vous y verrez des artistes à l'œuvre.
Montez ensuite au Belvédère d'où vous aurez une magnifique vue de la Ville Lumière. Examinez bien les piliers régulièrement décorés et les œuvres de street art qui remplissent le vaste belvédère, qui l'été accueille de nombreuses soirées dansantes.
Ne manquez pas une promenade au Canal Saint-Martin, entre ponts et ruelles, se cachent d'innombrables graffitis et fresques de mille couleurs.
Dirigez-vous ensuite au Point Éphémère, un lieu à la mode connu pour sa programmation éclectique de concerts et d'expositions, qui accueille sur ses murs extérieurs le meilleur du street art.
Parmi les habitués de cette galerie en plein air, il y a toujours Mr. Chat.
La Villette : la fresque la plus longue de Paris
Quittez le Canal Saint-Martin pour la rue de l'Ourcq. Vous trouverez un long mur que les artistes du 19ème arrondissement ont redonné vie. On reconnaît le style de Da Cruz, passionné de masques ethniques, Psy et ses personnages dansants, ou les portraits lumineux de Marko93.
À quinze minutes à pied, dans la rue d'Aubervilliers s'étend, quant à elle, la fresque la plus longue de Paris : 493 mètres. Des artistes tels que Kashink, Combo et JonOne ont rendu hommage à l'afro-américaine Rosa Parks, connue pour avoir refusé de céder sa place à une personne blanche dans un bus. Réalisée en 2015, c'est une œuvre collective qui inspire un sentiment de paix et de savoir-vivre ensemble, propre à ce quartier multiculturel au nord de Paris.
Rive droite : de la Porte Saint-Denis à la Porte de Clignancourt
À deux pas de la Porte Saint-Denis, cherchez la rue des Degrés (2ème), un passage minuscule avec quelques marches colorées où se cache la belle œuvre de Raphael Federici, alias Paris sketch culture. Traversez le quartier pour découvrir les autres fresques.
Sinon, poursuivez vers le nord jusqu'à la rue Ordener (18ème). Vous trouverez un mur long de 300 mètres dédié au street art. Des artistes de toutes sortes se rencontrent régulièrement ici et avec un peu de chance, vous pourriez les voir à l'œuvre.
Vitry-sur-Seine, un musée à ciel ouvert
L'art urbain atteint également les villes alentours, comme Vitry-sur-Seine.
Sur les murs, trottoirs, piliers et lampadaires de la ville, vous verrez des graffitis, collages et peintures de toutes sortes. Vitry brille de grands artistes. Vous vous en rendrez compte dès que vous sortirez du RER, rue Pierre Semard, où vous verrez le robot emblématique de l'artiste italien Pixel Pancho. Puis, aux alentours du musée d'art contemporain Mac Val, vous serez impressionné par les gigantesques guerriers africains armés de lances.
L'œuvre est l'œuvre de l'artiste Kouka, réalisée en 2013 en hommage à Nelson Mandela.
Vitry-sur-Seine est donc un véritable musée à ciel ouvert dédié à l'art urbain, ici inauguré par Christian Guémy, aka C215, pionnier dans ce genre. Alors partez à la recherche des plus belles œuvres sur les murs de la ville : Vitry en compte environ 500. Parmi les jeunes artistes, vous trouverez souvent la signature d'Avataar mais aussi celle de Kashink, l'une des rares femmes dans le street art.
Banksy à Paris
Si vous êtes à Paris juste pour voir les œuvres de Banksy, nous vous suggérons quelques adresses où les trouver. Voici certaines œuvres dont le street artist le plus recherché au monde a revendiqué la paternité :
- Bibliothèque Publique d'Information, Marais : Un rat tenant un journal, apparu en 2018. Sur son Instagram, Banksy écrit "50 ans après la révolte de Paris en 1968. Le lieu de naissance de l'art du pochoir moderne".
- RER C : Un couple de rongeurs, avec parapluie et haut de forme, regardent la Tour Eiffel loin de la foule. Le rat dans l'art de Banksy est le symbole de la classe persécutée.
- 2 rue Victor Cousin (5ème) : Un chien amputé dans une allégorie impitoyable du capitalisme.
- Porte de la Chapelle, à côté de l'ancien Centre d'accueil des réfugiés récemment fermé : Une fille noire prend une bombe pour essayer de camoufler une croix gammée sur un mur avec des motifs roses, symbole de la Syrie.
- 41 avenue de Flandre Paris (19ème) : Inspirée par le tableau de Jacques-Louis David intitulé "Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard" de 1801, l'œuvre de Banksy représente un Napoléon aveuglé par son manteau trop grand. Un message pour les politiciens ?
- Passage de la main d'or : Un rat avec un nœud rose semble faire allusion à l'imaginaire de Disney.
- Sortie de secours au dos du Bataclan : Une femme en deuil, hommage de Banksy aux victimes des attentats de Paris.
- Escalier de la rue du Mont-Cenis, Montmartre : Un rat catapulté dans les airs sur le bouchon d'une bouteille de champagne fraîchement ouverte. Paris est une fête.
La recherche des œuvres de street art à Paris est une chasse au trésor très amusante, mais qui nécessite beaucoup de temps si vous êtes en ville seulement pour quelques jours. Vous pourriez alors choisir un tour qui vous emmène rapidement aux lieux incontournables du street art parisien.
Puis racontez-nous vos découvertes dans un commentaire à l'article.