Pressionisme : l'art urbain au musée.

Susan Hooks

Updated: 26 Mai 2026 ·

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photo de www.conexaoparis.com.br

L'exposition "Pressionisme : les œuvres d'art du graffiti sur toile", actuellement à la Pinacothèque de Paris, présente près de 100 tableaux produits par de grands graffeurs américains et français entre les années 70 et 90.

Le terme "pressionisme" a été intelligemment créé pour désigner le travail des street artists réalisé sur des toiles conventionnelles et non sur les murs des villes. Le mot prend pour point de départ le terme "impressionisme" et fait allusion à l'acte de presser le bouton des bombes de peinture qui remplacent les pinceaux.

La première partie de l'exposition divise le mouvement en 3 phases :

  • L'Écriture serait le primordium de cette transition mur/toile. Elle est essentiellement la "signature" de rue de l'artiste transposée sur une toile.
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Toile de Fab Five Freddy photo de www.conexaoparis.com.br
  • La Figure. Aux côtés des signatures et tags apparaissent également des figures humaines et des personnages créés par les artistes. Les œuvres se sophistiquent.
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Toile de Lady Pink, la seule femme de la première génération d'artistes graffeurs. Cette toile est un exemple rare d'auto-portrait dans le mouvement "pressioniste". photo de www.conexaoparis.com.br
  • L'Abstrait. Formes, couleurs et textures. À cette phase, les tags deviennent un fond sur lequel les artistes travaillent leurs inspirations et marques déposées.
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Toile de Phase 2 photo de www.conexaoparis.com.br
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"Les Nymphéas du Graffiti" de Bando photo de www.conexaoparis.com.br

Dans la dernière partie de l'exposition intitulée "Manhattan - Saint-Germain-des-Prés", nous comprenons pourquoi Paris est une ville si importante dans l'univers de l'art urbain. À l'époque de l'explosion médiatique du mouvement, au début des années 80, le français Philippe Lehman (de la famille de banquiers) faisait fréquemment le circuit Paris-NY pour rendre visite à son père. À New York, il découvre le graffiti et les graffeurs et ramène l'art et les artistes à Paris. Ici, le mouvement trouve un terrain fertile et des soutiens importants comme la stylist Agnès B. Connue sous le nom de Bando, Lehman a peint dans les jardins de l'hôtel particulier où il vivait avec sa mère rue de Bac le grand tableau Les Nymphéas du Graffiti (allusion au tableau de Monet Les Nymphéas), œuvre emblématique du mouvement.

À mon avis, le mouvement s'exprime mieux dans les rues que dans les galeries. À l'exception de Basquiat, qui a réussi à créer tout un répertoire à lui, les autres artistes de l'exposition semblent enfermés par les toiles, essayant de reproduire à une échelle réduite quelque chose qui appartient à de grandes surfaces.

Avant de visiter l'exposition, faites un intensif sur l'art de la rue parisienne avec Fernanda Hinke et son Tour de Street Art.

La Pinacothèque de Paris est ouverte tous les jours de l'année (de 10h30 à 18h30), y compris les grands jours fériés du 1er janvier, 1er mai, 14 juillet et 25 décembre. Ces jours-là, les horaires d'ouverture sont de 14h00 à 18h30. L'exposition est visible jusqu'au 13 septembre 2015. Prix : 13€.

Pinacothèque 1, 28 place de la Madeleine, 75008. Métro lignes 8, 12 ou 14 ; station Madeleine.

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