- 1. Contenu principal
- 2. Introduction
- 3. Explorer Arles
- 4. Expérience culinaire
- 5. Les Asperges
- 6. Conclusion
Contenu principal
Introduction
Par Evandro Barreto, auteur du livre Na Mesa Cabe o Mundo, publié par l'éditeur Conexão Paris
Colonia Iulia Paterna Arelatensium Sextanorum.
Pour les proches de l'empereur Jules César, Arelate. Pour les intimes du peintre Vincent, simplement Arles. Des Romains, il reste l'amphithéâtre, beaucoup plus tard converti en arène, avant que les corridas ne soient mises sur le devant de la scène par ceux qui préfèrent le taureau sur la broche plutôt qu'à l'épée. De Van Gogh, il reste le génie matérialisé dans les tableaux qu'il a peints dans la ville et ses environs, y compris la chambre de l'artiste dans la maison jaune qui n'existe plus.
Explorer Arles
Lors d'un printemps chaud, j'ai pris un train très lent et j'y suis allé, traversant les bleus, les dorés, les lavandes, toutes les couleurs provençales libérées des cadres, comme un jour elles se sont présentées aux yeux affamés d'un Hollandais fuyant la brume. De la gare, j'ai laissé mes jambes me mener où elles voulaient aller. J'ai aussi laissé des références anciennes se bousculer sans vergogne sur les lieux communs, tandis que je marchais dans des rues et des places où je n'avais jamais été - si évocatrices. Ce facteur banal tournant au coin de la rue pourrait bien être l'arrière-petit-fils du facteur Roulin. La marchande blonde, avec sa blouse verte et sa voix puissante, comme une Sophia Loren nordique, faisait de son étal de légumes une palette : le violet des betteraves débutant le dégradé, suivi des tomates presque magentas, des carottes mûres, des poivrons jaunes, des navets blancs rayés de violet. À côté, le fleuriste semblait au service de l'office de tourisme, avec ses lavandes et ses tournesols.
Je suis entré dans des ruelles tortueuses, j'ai suivi les caprices de la lumière méditerranéenne et j'ai débouché devant l'amphithéâtre. Je pense quelle construction de notre temps conservera la même dignité dans deux mille ans. Dans cette région, l'histoire a l'intensité du soleil qui la réchauffe. Légionnaires, gladiateurs, templiers, papes de dos à Rome, maquis en lutte contre les troupes nazies, générations successives de créateurs et la force de leurs œuvres - de la chèvre de Picasso à la chapelle de Cocteau, des herbes combinées en proportions parfaites par des alchimistes anonymes à la magie de la cuisine de Vergé.
Expérience culinaire
La marche a ouvert mon appétit. J'ai choisi un bistrot avec vue sur l'amphithéâtre, des tables en extérieur et un doux parfum d'huile d'olive chaude. Comme les coutumes le dictent, le mari est en cuisine, la madame dans la salle. Elle m'a accueilli avec un sourire et une nouvelle enthousiasmante : ce matin, les asperges vertes les plus fraîches étaient arrivées. Qu'elles viennent donc. Mais d'abord, un autre hommage à la cuisine provençale - un plat de moules assaisonnées d'ail et d'herbes. J'ai terminé moi-même la préparation avec un fin filet d'huile Pagnol. Mon histoire d'amour avec les moules a commencé dans mon enfance, les enfants raclant les pierres à la fin de Leblon et ramenant fièrement le trophée à la maison. Plus tard sont venues les fruits de mer de Catalogne, les moules à la bière de Bruges. Et maintenant ce cadeau des eaux de Camargue. Les dernières gouttes de bouillon ont été aspirées des coquilles avec des morceaux de pain indifférents aux bonnes manières. Un verre de vin blanc rustique de la maison a complété ce premier acte.
Les Asperges
Deuxième acte : arrivent les asperges de l'annonciation, escortées d'un carré d'agneau, les côtelettes se dressant comme des lances de la garde prétorienne. Pour une compagnie digne, un Côtes du Rhône déjà connu depuis longtemps. Ce furent les meilleures asperges vertes de mon parcours.
Conclusion
Il est utile de méditer le ventre plein. Les spécialistes disent que le régime des populations méditerranéennes prédispose à la longévité. Mais je pense que le mérite de la vie longue doit être attribué à la béatitude qui nous enveloppe après un déjeuner comme celui-ci.
Cette chronique est extraite du livre Na Mesa Cabe o Mundo, d'Evandro Barreto, en vente dans notre agence en ligne Minha Viagem Paris, cliquez ici pour acheter le livre.